Métiers, qualifications, compétences : comment les classifier ?

Pour ce dernier article de notre série sur le référentiel ESCO, vous saurez comment notre équipe data travaille à la cohérence d’un référentiel de métiers, qualifications et compétences.

Pour rappel, le référentiel ESCO émerge d’une initiative de la Commission Européenne. Traduit en 27 langues, son ambition est d’offrir une classification proactive, transversale et pragmatique des compétences, des métiers et des qualifications. Il s’agit d’un outil destiné avant tout à l’adéquation entre l’offre de formation, les besoins des entreprises et les capacités des individus.

L’intelligence artificielle pour classer les métiers, qualifications et compétences

L’année 2021 constituait une étape clé dans la gestion du référentiel ESCO. Celui-ci avait été établi, comme l’ISCO en son temps, via une analyse raisonnée formulée par des experts métier. Mais récemment, l’intelligence artificielle est arrivée en relais pour mettre en lumière les informations cachées au sein des différents référentiels.

En effet, il référence plus de 3 000 métiers et 11 000 désignations alternatives. Tout cela rien que pour la langue française ! Il est alors quasiment inévitable que certains doublons apparaissent. En revanche, ces doublons peuvent aussi être le signe du caractère transversal d’un métier.

Par exemple, un algorithme peut mettre en évidence les noms de métiers similaires mais référencés dans des secteurs différents. En effet, selon Sophie, notre Data Scientist, son métier se trouve être une bonne illustration de ce cas.

Il a d’abord été classé comme relevant du domaine des études et prospectives socio-économiques dans le ROME 3, défini par Pôle emploi. Plus tard, le référentiel ESCO l’a rattaché au domaine de la conception et de l’analyse de logiciels et multimédia. 

Un Data Scientist, c’est tout cela à la fois, mais pas seulement. On peut le retrouver dans des activités aussi variées que l’analyse sémantique, l’analyse d’image, le traitement de signal, etc.

Sophie CRESPO, Data Scientist à Millionroads

Cette analyse est donc à même de dégager des transversalités cachées ; aussi bien sur le plan des métiers que des compétences. Connaître ce caractère transversal est nécessaire aux acteurs de la formation et de l’emploi pour répondre avec pertinence aux attentes du monde professionnel.

Vers une nomenclature multidimensionnelle

L’apparition d’outils de traitement de la donnée textuelle a permis d’immenses progrès. Parmi ceux-ci, on retrouve le Natural Language Processing, déjà ancré au cœur de notre activité. Il donne au référentiel ESCO la possibilité d’aller bien au-delà d’une simple — mais déjà très performante — taxonomie des métiers. Avec cette évolution technologique, une nomenclature multidimensionnelle parfaitement adaptée aux problématiques du XXIème siècle est envisageable. Elle pourrait alors articuler les données sur les enjeux numériques et écologiques désormais inhérents à toute activité humaine.

Chez Millionroads, nous sommes à la fois contributeurs et implémenteurs du référentiel ESCO. En ce sens, nous sommes particulièrement attentifs à l’évolution de cet outil qui sera transposé dans les différents référentiels nationaux. C’est notamment le cas du référentiel des métiers ROME utilisé par Pôle Emploi, dont la version 4, intégrant le lien entre métiers, qualifications et compétences, est attendue cette année.

En somme, grâce à notre insertion anticipée du référentiel ESCO dans notre propre référentiel, nous sommes déjà prêts pour cette étape. Elle nous permettra d’épouser toujours plus étroitement les besoins et les évolutions du monde de l’orientation et de la formation professionnelle.

Envie de savoir comment nous pouvons adapter nos référentiels à vos projets ? Claudine et Geoffrey sont à votre écoute !

Publié le : 9 Mai, 2022
Auteur : Delphine